Interview Podcast : En savoir plus sur le métier de Designer Freelance

Temps de lecture : 22 min

Céline Phongsy, jeune étudiante en communication à l’École de Condé, m’a demandé si je pouvais réaliser une interview afin d’en savoir plus sur le métier de Designer. Je lui ai accordé volontiers un peu de mon temps afin de répondre à ses interrogations et celles que se posent beaucoup de jeunes étudiants en communication. L’interview a été réalisée par téléphone et je l’ai volontairement scindé en plusieurs fichiers audio afin que le tout soit plus digeste. Sur cette playlist, nous abordons le sujet suivant : En savoir plus sur le métier de Designer Freelance.

En quoi consiste le métier de Designer et que proposez-vous ?

À mes débuts, mon métier de designer consistait à faire des créas graphiques et des sites internet. Maintenant, le monde est plus complexe. Je pense que c’est important de toucher à tout et, en même temps, ça empêche la routine. Pour ma part, j’ai commencé en tant que graphiste et, au fur et à mesure des agences dans lesquelles j’ai travaillé, j’ai pu en apprendre davantage sur le référencement naturel, le développement, le management et la relation client.

Tout ça m’a amené à créer ma propre agence dans laquelle je propose un large spectre : communication visuelle, création de chartes graphiques, branding, etc. Je me suis ensuite niché dans la création de marques de spiritueux et de boissons spiritueuses. C’est un secteur dans lequel je me suis mis très récemment et pour lequel je propose ce genre de prestations également. Si tu veux, je réponds à des briefs, à des demandes clients et je leur propose mes services : conseil en stratégie, création de marque, packaging, expériences digitales, développement web et production audiovisuelle (photo ou vidéo). Donc un large spectre, vraiment !

Quelles sont les différentes étapes dans vos prestations de communication ?

L’étape pilier : la stratégie

Cela commence toujours par une phase de Stratégie. J’accompagne dans le lancement de marques et dans le déploiement de celles-ci donc, au début, je peux réaliser des audits, des plans de découverte, des plans de communication, des stratégies de marque. Je vais écouter le client, ses besoins et puis je vais le conseiller et lui faire un plan stratégique qui va lui permettre ensuite de faire telle ou telle tâche.

Quelques fois, les clients viennent vers toi avec des idées préconçues et ça peut ne pas être les bonnes. L’objectif, ce n’est pas de leur vendre un site internet parce que tu sais faire un site internet mais de leur vendre ce dont ils ont vraiment besoin. C’est pour ça que l’on commence toujours par du Conseil et de la Stratégie. Le but est réellement de savoir si c’est la meilleure chose pour eux de leur créer un site internet ou une campagne de pub, etc.

En fonction de cette stratégie, de ce plan marque, les choses un peu plus créa vont découler. Ça peut être du branding design, de la charte graphique, logotype, typographie, ressources visuelles, supports de communication, concepts créatifs, campagnes publicitaires, packaging, expériences digitales… On parle également beaucoup de UX/UI Design en ce moment : le design d’interaction. Pour ça, tu as des phases de design, des phases de prototypage. Ensuite il y a l’activation où tu vas mettre en place ça sur les réseaux.

Le développement Web

Il peut y avoir des phases de développement web. Tu vas créer, développer ton site. Tu vas sélectionner l’hébergement. Tu choisis ton nom de domaine et tu vas commencer à développer le site sur un CMS tel que WordPress. Ensuite viennent les étapes de validation client. Tu vas faire attention au responsive design, si ton site est bien adapté sur mobile, sur tablette et sur bureau. Le client va revenir vers toi et va te dire s’il y a des modifications. Ensuite, tu le mets en ligne et vient une phase de débogage (parce que forcément il y a toujours des bugs car ce n’est pas une science exacte ^^). En fonction des retours clients, tu refais un passage dessus.

La production audiovisuelle

Pour la production audiovisuelle, ça peut être des journées shooting photo ou shooting vidéo. Il va donc y avoir tout un processus de storytelling : tu vas écrire un synopsis, raconter une histoire. Puis tu vas arriver sur le plateau ou le lieu de tournage. Tu vas mettre en place la journée de shooting puis tu rentres chez toi avec les rushes et tu commences à les éditer. Pour cette tâche, je fais généralement une ou deux phases de validation, histoire de ne pas travailler dans le vent. Que le client ne revienne pas vers toi en disant « bon, bah il faut tout refaire » alors que tu as déjà passé une semaine complète dessus !

En ce qui concerne le développement de la marque, ça peut être du social marketing sur instagram, sur les réseaux sociaux tel que Linkedin, etc. Il peut y avoir beaucoup de choses.

Toutes ces étapes-là vont dépendre de la stratégie de base du client c’est pourquoi, le plus important est de bien comprendre ce que veut ton client.

Combien de temps passez-vous pour élaborer une création ?

Ça dépend de la demande, ça dépend du tarif de la prestation, ça dépend si tu as plusieurs clients en même temps. Il m’arrive de n’en n’avoir qu’un seul mais il m’arrive également d’en avoir 8 en même temps ! Donc il faut jongler avec ça. En fait, il n’y a vraiment pas de temps défini. Cela varie également selon ton expérience. Si ça fait 2 ans que tu es graphiste ou 10 ans, ce n’est pas la même chose. Tu ne vas pas travailler aussi vite. Pour te donner un ordre d’idée, une communication globale incluant la création d’une charte graphique, logo, carte de visite et site vitrine peut me prendre 2 mois de travail.

Pouvez-vous m’expliquer votre journée type ?

Pas de journée type pour le studio…

Alors, une journée type ? Je n’en n’ai pas ! Pour moi, c’est un petit peu particulier parce que je me qualifie d’agence de communication mais je suis un indépendant. La plupart du temps, je travaille seul et je sais mener à bien toutes les missions qui me sont confiées. Lorsque ça devient un petit peu plus complexe ou que ça devient très technique, j’ai une équipe de freelances.

Du coup, je n’ai vraiment pas de journée type. Ça dépend vraiment des retours clients. Généralement tu travailles sur ton brief, sur ta créa, tu leur envoies un mail, tu les as au téléphone, etc. Leur réactivité est également un point à prendre en compte. Quelques fois, il va y avoir des journées où je n’ai aucune réponse. Tout le monde a son emploi du temps donc je comprends que certaines fois ce n’est pas leur priorité et puis il y a des journées où je vais avoir 4 clients qui vont me tomber dessus. Dans ce cas de figure, c’est à moi de me faire mon propre planning et de dispatcher un petit peu les demandes et les créa en fonction de la priorité de chacun.

La plupart du temps les clients te demandent de travailler pour hier ! Ils sont tous un peu pressés et du coup c’est à toi de te fixer des objectifs et de te dire pour tel client je vais aller vite, pour tel autre ça peut attendre.

Mais de la rigueur !

Il n’y a pas de journée type mais j’aime avoir une certaine rigueur. Quand on est freelance, si on n’a pas de rigueur, ça peut vite devenir n’importe quoi. Globalement, je me mets au travail de 9h à 13h puis je me fais une heure ou deux de break et je reprends de 14h à 18h. Cela dit, le but est d’être flexible. C’est vraiment ce que je recherchais : ne pas avoir des horaires bureau. Si j’ai envie de prendre l’air, de faire des courses, du sport, me changer les idées, je peux le faire quand je veux. Quitte à travailler un petit peu plus le soir, reprendre de minuit à 2h.

Il n’y a pas vraiment de règles, il suffit que ça corresponde avec ta manière de penser et de créer. L’inspiration peut venir la nuit. Elle ne vient pas forcément que pendant les horaires de boulot. Bon, c’est sûr que les clients, eux, ont leurs horaires et que les rendez-vous doivent être pris aux heures des clients. Je reste donc flexible et fais en sorte d’être là quand il le faut.

Le métier de Designer est-il stressant ?

Mon rythme de vie n’est pas stressant et plutôt sain. Cela dit, le travail en lui-même peut très vite le devenir parce que tu es tout seul donc tu ne te reposes pas sur tes collègues ou sur un patron. C’est toi qui gères ton entreprise donc si tu la gères mal, ça va très mal et là tu peux être très stressé.

Il arrive que certaines propositions ou tarifs ne conviennent pas au client (même un très bon client qui te fait confiance depuis des années). Dans ce cas, ce n’est pas simple. Après, il faut toujours être diplomate, vendeur, humain et du coup ça finit généralement par se rétablir. Mais oui, il y a des phases de stress et ça arrive souvent sur des phases de production. Lorsque tu as une mise en ligne d’un site internet sur lequel tu travailles depuis trois mois et que tu as des retours de bugs et qu’il faut vite les corriger, là, ça commence à devenir un peu stressant.

C’est pour cela qu’il est bon, à côté, de faire du sport, de la méditation, des choses qui te font sortir de ça parce que les journées charrettes, les nuits blanches, c’est dur. Maintenant, j’essaie d’arriver à une qualité de vie qui est top. Mais être zen, ça ne veut pas forcément dire prendre son temps au travail, ça veut dire être surtout plus efficaces, apprendre à travailler mieux et plus vite.

Quelles sont vos sources d’inspiration, d’où proviennent-elles ?

Inspiration et curiosité

De partout ! En mangeant un petit déj ou en dormant… en regardant dehors, en faisant attention aux détails… Je suis aussi photographe et mon œil se porte vraiment sur n’importe quel petit détail qui pourrait faire une belle photo. Au final, ce genre de détail te permet également d’avoir de l’inspiration et de la créativité. Tu te poses des questions, tu es curieux…

Ensuite, je dirais que récemment je lis beaucoup. Beaucoup de lectures sur le business du design parce que je ne suis pas juste graphiste, je suis aussi gérant. Je gère ma compta, je gère mon administratif, je gère le côté commercial et marketing. À l’école, on apprend beaucoup de choses mais la vie réelle, ce n’est pas l’école. J’ai vraiment dû travailler beaucoup et faire beaucoup d’heures supplémentaires, me coucher tard pour apprendre beaucoup de choses.

Veille digitale

Donc Youtube et Vimeo, par exemple sont une énorme source d’inspiration parce que tu as vraiment de tout. Tous les sites de tutoriels, tous les sites créatifs. Il y a pas mal de sites dédiés aux prix et distinctions de sites web créatifs. Donc, tu vas sur ce genre de pages et tu regardes ce qu’il peut y avoir comme sites inspirants, comme créations décalées.

Behance, le réseau social des créatifs d’Adobe est l’une des plus grosses sources d’inspiration car tu as tous les créatifs du monde qui partagent leur leurs travaux. Ils sont tous aussi bons les uns que les autres et c’est même quelques fois blasant (rires !) parce que tu te dis que tu n’y arriveras jamais. Du coup ça reste challengeant. C’est une très bonne source d’inspiration.

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Quels sont vos objectifs et le métier est-il varié ?

Un métier aux multiples facettes

Mes objectifs ont pas mal évolué. Quand tu vis dans une nouvelle ville, (qui plus est une ville anglophone), c’est un tout nouveau territoire donc il faut aller chercher les gens, arriver à se démarquer. J’ai mon expertise dans la com et j’ai gardé mes clients français. Ils me font confiance à distance mais j’ai décidé de me concentrer sur les spiritueux, le packaging et la boisson. C’est un nouvel objectif.

La plupart du temps, les clients veulent un expert. Ils ne veulent pas juste un petit créatif qui fait telle ou telle prestation. Ils cherchent vraiment une personne qui peut les aider à les accompagner pour un objectif précis. Par exemple, ils ne vont pas te dire « j’ai besoin de quelqu’un pour écrire 1000 lignes de code », non. Ils vont avoir besoin de quelqu’un pour développer une application afin de développer leur business puis leurs ventes. Il y a toujours un but précis derrière. L’objectif est donc d’être le plus polyvalent possible. Comme ça, ce n’est pas routinier pour moi.

Cependant, il faut faire attention lorsque l’on propose tout un panel. Mieux vaut exceller dans un domaine qu’être moyen dans tous. C’est pour cela que j’ai décidé de me nicher dans quelque chose qui me passionne. J’ai donc des objectifs beaucoup plus serrés à présent et le job reste tout de même varié.

Dans mes objectifs, je comptais également écrire beaucoup d’articles sur des blogs dédiés à la communication digitale afin d’affirmer mon expertise dans le packaging design et la boisson. Quand on est freelance, on se challenge tous les jours parce que rien n’est jamais acquis. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et ça permet d’avancer toujours plus loin.

Variations dans le salaire

L’argent est aussi un paramètre qui varie ! C’est un des points les plus importants quand tu as un business. Il y a des hauts et des bas. Certains mois vont t’apporter une bonne rentrée d’argent et quelques fois tu te retrouves 2 mois sans travail. Il faut donc bien penser à provisionner pour ne pas tout claquer dans le mois (rires) !

En 10 ans de métier, j’ai appris que l’on n’est jamais sûr de rien. C’est le jackpot quand tu décroches un gros contrat mais il faut faire attention sur les mois qui suivent. Les variations sont donc présentes au niveau pécuniaire également.

Comment trouvez-vous vos clients ?

En dix ans de carrière, j’ai eu la chance de ne jamais devoir chercher mes clients. Ça a vraiment été une chance pour moi même si j’ai beaucoup travaillé pour. En fait, il y avait beaucoup moins de concurrence à l’époque, le secteur était moins bouché à Lyon.

J’ai donc créé ma société au moment où il n’y avait pas énormément de monde et j’ai mis un gros boost au niveau référencement naturel : Ça a été la clé ! Cela m’a permis de me faire remarquer par mes premiers clients et puis une fois que tu as un client, il t’en amène un autre, puis un autre, puis un autre…

Le bouche à oreille est la deuxième chose la plus importante après le référencement. Enfin… on va dire que c’est la première au début car tu ne connais personne et que personne ne te connais ! Du coup, tu demandes à droite à gauche, à tes copains, à ta famille, pour savoir s’ils n’ont pas des gens qui auraient besoin de telle ou telle chose. Au final, tu finis par en trouver un premier et grâce au bouche à oreille tu en as un deuxième, un troisième… Mais pour ma part, ce qui a le mieux fonctionné c’est le référencement naturel.

Maintenant, c’est plus compliqué parce qu’il existe énormément de graphistes sur Lyon. Une bonne chose est de récolter des témoignages de tes projets passés. La qualité de tes travaux et la manière de les présenter fait également la différence pour un client. Ils vont regarder tes études de cas et faire appel à toi si tu corresponds à leur besoins.

Comment faites-vous pour vous démarquer ?

Je ne sais pas si je peux dire que je me démarque des autres. Je pense que c’est plutôt au client de me le dire ! Quand tu regardes les projets sur Behance ou bien ceux de certains typographes russes ou polonais (ils sont souvent très bon en Europe de l’Est), tu te dis « mais comment je vais y arriver ? ».

En même temps, c’est c’est un challenge. Tu essayes beaucoup de choses, beaucoup d’expérimentations. J’ai analysé de nombreux sites internet en regardant le code source. J’en ai « aspiré » beaucoup pour voir comment ils fonctionnaient (mise en page, interactivité, librairies javascript utilisées…). C’est vraiment en regardant ce qui se fait dans mon domaine que j’ai réussi à progresser.

Par exemple, j’ai toujours fait mes requêtes en anglais sur Google. Je me suis toujours dit que qu’il y avait mieux en termes de créa à l’étranger. À présent, je n’en suis plus si sûr, haha ! Au fur et à mesure de tes recherches, tu tombes sur des sites très bien fait et très interactifs, sur des sites anglophones qui expliquent comment tu fais telle ou telle chose. Je m’inspire de tout ça pour ensuite produire.

Je regarde également ce qui se fait chez mes concurrents dans le design graphique lyonnais. La barre est assez haute chez tout le monde à présent. Je pense donc que ce qui me différencie c’est peut-être plus mon approche client et ma niche. La manière dont je leur parle, le fait d’être une personne naturelle et curieuse. Je pense sincèrement que mes clients apprécient cela ainsi que l’authenticité de nos échanges, le fait de leur donner des idées, de toujours être dans l’écoute.

Quels sont les points positifs et négatifs du métier de Designer ?

Les points positifs du créatif

C’est un métier passion et je pense que c’est le cas pour beaucoup de créatifs. On a besoin de créer ! On aime être inspirés et curieux. Je pense ne pas être le seul à penser comme ça :). Avoir un métier passion, ça fait toute la différence. Ce n’est pas un métier alimentaire. Ça se ressent dans ta qualité de vie, ton humeur.

Un autre point positif : ce n’est pas un métier répétitif. Tu n’as jamais les mêmes clients, jamais la même façon de parler aux gens et de les comprendre. Tu dois t’adapter et les projets sont divers et variés. C’est donc toujours intéressant.

Avant de me nicher dans le marché de la boisson, j’ai vraiment eu tous types de clients : du magicien au cabinet de consulting en passant par des industries de pièces détachées, etc. Il y a eu vraiment de tout et ça te permet de voir ce qui te plaît, et pour qui tu as envie de travailler. C’est sûr que c’est mieux de faire une charte graphique pour une bouteille que pour une entreprise de boulons mais quelques fois tu n’as pas le choix, tu dois accepter certains projets pour vivre.

Cela dit, ces projets-là peuvent s’avérer très intéressants. Ils sont perçus comme étant moins qualitatifs mais j’aime le challenge. L’idée de leur faire un graphisme qui sort de l’ordinaire et qui va permettre de les démarquer est quelque chose qui me plait.

Les points négatifs

Pour ce qui est des côtés négatifs, le premier point pourrait être le fait que ce monde évolue très vite. Les technologies et les appareils changent tous les six mois (et encore quand je dis tous les six mois, c’est plutôt tous les jours ^^). Donc au bout de 10 ans de métier, tu peux tout à fait être dépassé. Il ne faut donc jamais rester sur ses acquis dans la créa graphique ou le design, c’est vraiment un monde qui se renouvelle sans cesse. Il faut être en veille constante.

Un autre côté négatif pour moi a été de devoir me mettre sérieusement au développement Web. Ce n’était vraiment pas mon domaine à la base mais mes clients s’attendaient à ce que je sache tout faire en tant que freelance. C’était assez récurrent : ils demandent un logo puis une carte de visite et ensuite ils vont te demander si tu sais créer des sites internet, etc. Je n’avais pas envie qu’ils se séparent de moi. Du coup, je disais oui à tout, quand je savais faire évidemment !

J’ai donc fini par toucher à tout pour les satisfaire en m’efforçant de ne pas être « moyen à tout », ce qui arrive souvent lorsqu’on ne se spécialise pas. Je voulais garder cette carte du contact unique et j’ai donc dû me mettre au code. Le référencement naturel a également été quelque chose d’intéressant mais c’est plus de la rédaction et il y a beaucoup de paramètres qui entrent en ligne de compte. À mon sens, c’était un domaine moins créatif et ce qui est moins créatif va dans les côtés négatifs pour moi.

Y a-t-il des opportunités d’embauches dans le secteur ?

Aujourd’hui, c’est difficile. Mais je pense qu’il faut être malin. Si tu es étudiant ou que tu fais une demande de candidature spontanée, il ne faut pas juste envoyer un mail avec trois lignes disant « Étudiant(e) en BTS communication, je souhaite… ». On reçoit tellement de demandes de ce genre que ça ne nous attire pas l’œil. Le mieux, c’est d’arriver à être accrocheur avec une approche créative et disruptive.

Au-delà du fait d’attirer l’attention, il faut que l’agence ait des postes à pourvoir. Ce n’est pas forcément le cas de tout le monde (Studio Blackthorns y compris). Les opportunités sont donc un mélange de créativité et de chance. Être au bon endroit au bon moment.

Ce que j’explique également à beaucoup d’étudiants ou jeunes talents c’est de ne pas forcément rechercher un job dans une agence de communication. Je sais que la plupart des étudiants rêvent de ça mais il faut garder en mémoire que n’importe quelle société peut avoir besoin d’un graphiste, développeur web, UX designer…

Pour ma part, j’ai travaillé à mi-temps avec une distillerie française pendant un moment et cela m’a permis de développer mes compétences et mon expertise dans le secteur des spiritueux. Il y avait beaucoup de travail, beaucoup de nouvelles gammes de produits à concevoir, leur site internet à revoir, c’était top. Tout ça pour dire qu’il faut voir plus loin qu’une agence de com qui aura très certainement une pile de CV tous très prometteurs.

Quelles qualités doit avoir un designer ?

Première qualité et sans conteste : la curiosité. La curiosité c’est vraiment le point clé pour moi. Toujours vouloir en savoir plus. Poser énormément de questions, s’intéresser. C’est aussi important lorsque tu négocies avec un client : qui est-il ? Que veut-il ? Quel est son objectif ? Comment peut-il l’atteindre ? Pourquoi lui faire cette prestation maintenant ? Pourquoi te choisir toi ? Poser beaucoup de questions est une qualité dans ce métier.

Penser de manière nouvelle. Ne jamais rester sur ses acquis. Être rêveur c’est aussi un peu la base du métier de designer. Cela me fait penser à une citation de Marty Neumeier dans son livre The Brand Gap : « Tandis que les experts en marketing analysent comment le monde fonctionne, les créatifs eux, analysent comment le monde pourrait fonctionner. » J’aime bien cette citation. Un créatif, ça réfléchit et ça rêve et je trouve ça beau !

D’autres qualités pour finir : Être opiniâtre, toujours vouloir en apprendre plus. Être rigoureux, empathique et à l’écoute.

Quels seraient vos conseils pour les étudiants en communication ?

Comme dit un peu plus tôt dans cette interview, un premier conseil serait de ne pas forcément penser qu’aux agences de com quand on démarche, mais aussi aux entreprises plus « standards ».

Un autre conseil serait d’aller sur l’espace étudiant du Studio Blackthorns. En effet, depuis le début de l’année 2020, je crée des podcasts ayant pour vocation d’aider les jeunes talents. Je t’ai parlé du fait d’enregistrer notre conversation et d’en faire un podcast car je souhaite partager mon expérience de designer afin d’aider les étudiants s’améliorer.

Mon idée : proposer une critique de portfolio gratuite. Il faut d’abord remplir un petit formulaire puis je tire au sort les demandes. Il y a déjà un premier podcast qui a été mis en ligne. Au final, ce sont des personnes qui me reste dans le coin de la tête et je n’exclus par un jour de peut-être faire appel à eux pour une future collaboration sur certains projets spécifiques. Ce n’est donc pas juste une lecture, ça peut aller plus loin ! Ça leur permet également de diffuser leur nom sur la toile au sein d’une agence bien implantée sur Lyon donc c’est pas mal pour un début de carrière !

En conclusion de cette interview

Pour conclure, avant de se lancer dans ce métier, il faut aller plus loin que ce que l’on apprend à l’école. L’école, c’est très bien et j’y ai passé de très belles années, mais ça ne m’a pas tout appris. Il ne faut donc pas hésiter à s’auto-éduquer sur Youtube, Vimeo et en lisant des livres. Il faut passer un max de temps libre à sans cesse s’améliorer si on veut se démarquer et avoir un book de qualité.

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